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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 11:59

Hospitalisé depuis six semaines, son état s'était fortement dégradé.

 

 Le 12 septembre 1990 au soir, il  sombrait devant moi dans le coma .
 
Son état était devenu  pitoyable. Il gisait ,  squelettique, prostré,  défait, incontinent, presque  nu dans ses émmonctoires . A force d'être tombé du lit dans les jours précédents, son corps etait, des pieds à la tête, couvert d'ecchymoses.  Après s'être un instant agité comme s'il avait cherché à s'aggripper à un objet imaginaire - ces mouvements sont dits "carphologiques" et précèdent de peu la mort - il sombrait  dans le coma.

Parlant de son père, ma soeur me dit :

- Il va vraiment mal. Toi qui est médecin, tu ne peux vraiment rien faire pour lui !

J'étais certain qu'il  ne souffrait pas, comme ses médecins me l'avaient dit,  d'une démence sénile,  et qu'il  n'était pas non plus atteint d'une tumeur cérébrale.  Je lui ai répondu

 

- Cette histoire "d'hydrome sous-tentoriel" (sic)  pour lequel un rendez-vous d' I.R.M.  a été pris ne tient pas debout,  et il n'a certainement pas  la maladie de la vache folle.  Il y a  tout simplement qu'il ne reçoit  pas  le traitement nécessaire. C'est  pour ça qu' au lieu d' aller mieux, il  va de plus en plus mal . Je suis sûr de ce que je dis, j'ai été avec une infirmière vérifier le traitement qu'il reçoit  sur le cahier de prescription !  On n'a jusqu'ici fait que semblant de le soigner, tout comme on essaie de me faire croire qu'il a une tumeur cérébrale. Il n' a pas plus de T.C. qu'un Alzheimer ou un  Creutzfeld-Jakob !

Je fis un  un rapide  examen neurologique et lui dis :


-  Il  ne voit plus clair. Regarde ses yeux, les  pupilles sont complètement dilatées. Elles ne réagissent  pas à la lumière quand je les éclaire. Il  y a une toute petite chance de le sauver. Si on ne fait rien tout de suite, il sera mort.demain. Il n' est plus  temps d'attendre jusqu'au 24 septembre  le rendez-vous d 'I.R.M. cérébrale, ni même quelques heures  de plus. Je veux bien faire le nécessaire, mais il  ne faudra rien  me reprocher  si ça ne réussit  pas. S' il meurt cette nuit, comme c'est malheureusement à craindre, j'y serai  pour rien. J'ai tout juste le temps de  courir à la pharmacie chercher ce qu'il  lui faut avant qu'elle ne ferme pour le lui administrer.

- Je te promets de ne jamais t'accuser de l'avoir tué  s'il meurt cette nuit.
- Il faut aussi me promettre de m'aider après, parce que même si j' arrive à redresser la situation, ça va être très dur ! Il faudra après que tu m'aides !
 

- Je  promets que je  t'aiderai.  


- C'est  bon,  j'y  vais ...

Il  était 19 heures 15. Il n'était  plus  temps  de discuter ni temps de faire appele à l'Interne de garde, qui  certainement pas plus que le Chef du Service aurait voulu appliquer le traitement que depuis six semaines je réclamais pour mon père. Je me suis rendu en courant à la pharmacie la plus proche. J'en avais repéré une à Vitry, place Gabriel Péri (sic, il y avait péril en la demeure ! ). La pharmacienne était en train de fermer. Elle a eu l'amabilité de bien vouloir réouvrir. J'ai ainsi pu procurer  pour  une douzaine de francs une boite de 6 ampoules de cyanocobalamine Labaz * et trois seringues …..  De retour à l'hôpital, j'administrais  la moitié du coffret, soit 3 milligrammes de cyanocobalamine. 

 

Epilogue : Craignant le pire, je susi resté une  bonne partie de la nuit auprès du malade. Je suis repassé  le lendemain matin vers six heures. Je ne  pensais pas qu'il puisse être encore en vie.  J'ai tout de suite examiné ses yeux. Heureuse surprise :  la mydriase n' était plus aussi complète. Un soupçon d'iris était  perceptible à l'orée de la pupille. Le lendemain soir, j'administrais  les 3 ampoules restantes. Un mois plus tard,  après qu'il a  reçu  en intramusculaire 20 mg  de ce traitement étiologique, mon père  pouvait  se tenir debout sans tomber, et même refaire tout seul son lit, à la satisfaction et à la stupéfaction des infirmières, mais  pas du tout à celles du Chef de Service. Bien que le malade  n'ait  pas encore récupérer le contrôle de ses sphincters  - il ne les récupérera, et  une fois pour toutes,  que le 17 octobre 1990 -  il  fut sans  ménagement  renvoyé chez  lui  le 12 octobre.

Pour comble, dans les jours qui suivirent,  l'hôpital  fit parvenir  une note d'hospitalisation salée au domicile de  son  ex-patient.


Il n' était  même pas tenu compte de la prise en charge à 100 %, à laquelle il avait automatiquement droit.
.
Deux  mois après sa sortie  d'hôpital, mon père avait regagné  la quasi totalité  de ses capacités intellectuelles (elles furent objectivées à 30/30  au  MMSE  en février 1991. Au jeu télévisé de Julien Lepers, mon père répondait mieux et plus vite que moi aux questions de l'animateur, ce qui était au moins aussi probant qu'un MMSE à 30/30 ). 

Fortement handicapé, diminué dans son autonomie en raison  de  parésies résiduelles au niveau des mains et des jambes, le 17 décembre 1990 mon père  porta  plainte  auprès du procureur de Créteil  pour escroquerie, mise en danger de la vie et non assistance à personne en péril, non contre les neurologues, car il était alors encore persuadé que c' était non à moi, mais aux neurologues qu'il devait d'être resté en vie - il avait même exprimé l'intention de les récompenser  par une donation - mais contre le médecin de la Clinique qui l'avait  abusé précédemment à son hospitalisation à Bicêtre. Il lui avait fait croire que ses difficultés provenaient de la "mauvaise morphostatique" (sic) de ses pieds pour lui infliger subrepticement et stupidement une dangereuse opération orthopédique bilatérale.

 

Heureusement pour le rhumatologue qui l'avait opéré, et malheureusement pour ses patients, la Clinique de l'Haÿ-les-Roses était "protégée en hauts lieux" parce qu'elle rendait service aux hôpitaux de l'A.P.  soucieux de se défaire des malades qui risquent de faire baisser  leur classement médiatique (un taux de mortalité élevé diminue leur note).  

 

Ce qui faisait que ses médecins pouvaient "y faire ce qu'ils voulaient", c'est-à-dire à peu près n'importe quoi, y compris se livrer à des viols sur les parturientes : voir site 1081777 html.

 

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