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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 16:30

Le psychiatre Alain Didier-Weill, qui se dit psychanalyste lacanien, est aussi un écrivain et dramaturge freudien.

Il a imaginé et mis en scène "l'impossible rencontre" entre Freud et le jeune Adolfus Hitler 

A l'école des Beaux-Arts, Adolf Hitler a rencontré Hugo, un jeune aristocrate fortuné animé d'un antisémitisme virulent, un mal qui à l'époque était en Autriche très répandu dans la bourgeoisie intellectuelle.

Disciple de Sigmund Freud, le Dr. Carl Gustav Jung n'était pas aurtrichien, mais suisse. 

On sait que  Freud avait projeté de lui confier la présidence de l'API et d'en faire son successeur, histoire d'aryaniser un peu la psychanalyse alors même qu'il soupçonnait Jung de n'être pas vraiment indemne de cette maudite tare.

A la suite ou au prétexte de divergeances conceptuelles irréductibles, rivalités oedipiennes (ou "mimétiques", c'est-à-dire girardiennes) obligent, Jung envoie Hugo exposer  son problème (et ainsi celui de Hitler) à Freud alors qu'à l'époque Hitler n'était pas antisémite mais au contraire philosémite.  

Le philosophe-psychanalyse lacanien et art thérapeute Jean Florence écrit à propos de cette fiction théatrale : 

<<Imaginer l'impossible rencontre entre Freud et le jeune Adolf Hitler, c'est l'occasion de cerner, dans une sorte d'histoire fantastique, les rapports entre la psychanalyse et l'antisémitisme. Ce qui est saississant, c'est que ce drame historique imaginaire aborde avec finesse et sans aucune caricature, les sources du racisme sur le mode d'une lucidité ironique et sans détour propre au théâtre d'Alain Didier-Weill. On peut à juste titre parler d'un "théâtre de la cruauté" qui aborde une réalité effroyable avec cette respectueuse distance que rend possible une pratique de l'humour que je n'hésite pas à qualifier de profondémént éthique >>.

Prétendre qu'une telle rencontre ne peut être qu'imaginaire au prétexte qu'elle n'aurait pas été possible est tout à fait étonnant de la part d'un psychanalyste qui se dit lacanien, parce que "tout" - c'est-à-dire le contexte et l'analyse des données historiques trop souvent passées sous silence malgré la publication, en 1972, des recherches de Walther Langer pour le compte des services secrets de renseignement américains (de l'Office of Strategic Service, l'OSS) avant l'entrée en guerre des Etats-Unis contre l'Allemagne nazie - n'indique pas qu'une rencontre entre Hitler et Freud a eu lieu.

Pourtant la rencontre a certainement eu lieu en 1908, après la mort de la mère d'Adolfus Hitler, qui a même été bénéfique pour l'analyste comme pour son patient.

Les recherches de Ron Rosenbaum sur Hitler et l'origine du mal, publiées en 1996 aux Etats-Unis et en France chez Jean-Claude Lattès en 1998 et son analyse critique du rappport de Walter C. Langer sont généralement passées sous silence et par historiens et par les psychanalystes, de même que celles,très exhaustives, menées par l'historienne Brigitte Hamann.

Ces dernières ont été publiées en Allemagne en 1996 et en France en 2001 aux éditions des Syrtes, sous le titre de "La Vienne d'Hitler" (ouvrage réédité en 2011). 

La "cure" psychanalytique d'Adolf Hiler s'est finalement faite au profit de l'analyste - de Freud et de sa fille Anna, qui bénéficieront d'un sauf conduit en 1938, un sauf conduit qu'un officier SS, un certain Anton Sauerwald, avait été spécialement chargé de lui remettre - comme au profit du futur maître de l'Allemagne nazie, Freud lui ayant permis, par de "judicieux conseils" (des conseils en fait pas vraiment désintéressés) d'accéder à lui-même et d'atteindre le rang, la place et la fortune auxquels son jeune patient se croyait en mesure de prétendre ... du fait de ses origines aristocratiques juives (réelles ou "fantasmées") 

Freud tirera d'ailleurs de cette rencontre, un temps mutuellement bénéfique mais on le sait, par la suite désastreuse pour tout le monde, un célèbre mais fallacieux concept psychanalytique, un concept que Freud s'appliquera à raison à lui-même (celui du roman familial du névrosé, un concept  "perlaboré" après sa rencontre avec le jeune Adolfus Hitler, qui s'installera plus tard à Berchstesgaden pour marquer son attachement en se rapprochant de la villégiature de son bienfaiteur secret.     

Jacques Lacan n'avait-il pas appris que Freud  avait, sur les recommandations du docteur Eduard Bloch, pris le jeune Adolfus Hitler en thérapie après le décès de sa mère ?

Jacques Lacan  n'en était pas alors clairement  conscient mais s'en était  persuadé "dans l'après-coup".

L'après-coup est un "concept" savant "perlaboré" par Freud dans  l'après coup qui implique une prise de conscience analytique retardée (dans l'après coup.) 

Dix ans plus tard, à la fin de la guerre de 14 -18, Adolf Hitler fut diagnostiqué hystérique par le psychiatre Edmund Forster, quand, gazé, il a été hospitalisé à l'hôpital de Pasewalk.

Adolf Hitler lui avait évidemment raconté qu'il avait été en cure avec le docteur Freud, et que celui-ci l'avait promis à un très grand avenir compte tenu de son passé généalogique, pourvu qu'il sache "sublimer" ses troubles psycho-névrotiques en développant ses dons artistiques innés pour la peinture, l'architecture ou la musique. D'où sa tentative d'inscription à l'Ecole des beaux Arts de Vienne. Ou à défaut des dons artistiques des capacités militaires et patriotiques dignes de Napoléon, histoire de clouer le bec aux affreux antisémites, lui qui se prétendait par son grand-père juif et de lignée aristocratique.   

Dans les lettres qu'il avait adressé au docteur Wilhelm Fliessson premier confident, Sigismund Freud s'était à lui-même appliqué le diagnostic d'hystérie.  

Freud les savait compromettantes. Il ne réussit pas à les faire disparaître, contrairement à ce qu'avait su faire de ses observations son ex patient Adolfus Hitler sitôt arrivé à la tête de l'Allemagne.

Hitler n'avait alors pas perdu de temps. Il avait tout de suite chargé ses sbires d'éliminer le docteur Edmund Forster et de faire disparaître les rapports cliniques que celui-ci avait publié à son sujet, prouvant ainsi que l'ex patient de Sigmund Freud et d'Edmund Forster s'était montré bien plus efficace que ses anciens médecins dans l'art de faire disparaître les traces  dérangeantes sur son passé psychiatrique. 

Ernst Weiss avait conservée copie de ces observations cliniques . Il avait cherché à en caché un exemplaire, ainsi qu'il l'a raconté dans un livre écrit dans l'urgence avant de se "suicider". Cf. "Le témoin oculaire" (Der Augenzeuge), édité en France chez Alinéa en 1963, réédité en 1991 chez Gallimard, Collection Folio).

La barbe de Freud était encore bien noire quand, à dix-neuf ans, le jeune Adolf (en 1908), inconsolable après la mort de sa mère, survenue fin décembre 1907.

Sur les recommandations du bon docteur Eduard Bloch, son médecin de famille, qui, "de toute sa carrière n'avait jamais vu quelqu'un d'aussi prostré, quelqu'un souffrir comme Adolf Hitler" (www.Eduard Bloch, médecin de la famille HitlerHitler avait été pour la première fois consulter le docteur Freud à Vienne à son Cabinet du "19 Berggasse". 

Freud rayonnait alors à la tête de l'API, et il avait aux yeux du docteur Bloch paru nécessaire de le lui adresser.

En 1936, le quatorzième Congrès International de Psychanalyse s'est tenu non pas comme aux premiers temps, à Nüremberg, mais à Marie nbad.

Cette année-là, c'était Ernest Jones qui le présidait.

Lui-même "victime" de mauvaise castration, ne pouvant donc résister à son désir, forcément pulsionnel, de "castrer" Ernest Jones, Jacques Lacan lui avait coupé la parole pour lui la prendre, et pouvoir ainsi de filer avant lui à l'anglaise pour s'y rendre (à Nüremberg), y admirer la moustache noire du Dieu-du-Stade-Oral-Olympique, à ses yeux bien plus jouissive réjouisante que celle que la docteur Freud donnait à voir avec sa barbe blanche-profeSSe-Orale.

Structurée comme un langage, l'Ecole de Lacan est représentée depuis la mort du Maître par Charles Melman (www.freud-lacan.com/.../1343).

Au chapitre "des relations du i et du a", Thierry Florentin, psychiatre et psychanalyste, membre de cette Ecole*, précise, dans un texte non daté de l'ALI, forcément postérieur à 2006 et certainement contemporain (www.freud-lacan.com/.../1343) :

<< Ce qui dans un discours s'adresse à l'Autre comme un Tu, fait surgir l'identification à ce qu'on peut appeler l'idole humaine.....C'est bien dans la mesure où quelque chose, dans tout discours qui fait appel au Tu, provoque à une identification camouflée, secrète, qui n'est que celle à cet objet énigmatique qui peut être rien du tout : le tout petit plus-de-jouir d'Hitler, qui n'allait peut être pas plus loin que sa moustache, voilà ce qui a suffi (sic) à cristalliser des gens qui n'avaient rien de mystique, qui étaient tout ce qu'il y a de plus engagés dans le procès du discours du capitaliste (avec ce que ça comporte de mise en question de plus-de-jouir sous sa forme de plus-value). Il s'agissait de savoir si à un certain niveau, on en aurait encore son petit bout. Et c'est bien ça qui a suffi (resic) à provoquer cet effet d'identification. Ce "plus-de jouir" a pris la forme d'une idéalisation de la race, de la chose qui, dans l'occasion, était la moins intéressée, mais on peut trouver d'où procède ce caractère de fiction, on peut le trouver. Ce qu'il faut dire, c'est qu'il n'y a aucun besoin de cette idéologie pour qu'un racisme se constitue : il y suffit d'un plus-de-jouir qui se reconnaisse comme tel. Et quiconque s'intéresse un peu à ce qui peut advenir fera bien de se dire que toutes les formes de racisme, en tant qu'un plus-de-jouir suffit très bien à le supporter, voilà ce qui maintenant est à l'ordre du jour. Voilà ce qui pour les années à venir (sic) nous pend au nez / ... / Un plus-de-jouir, ridicule, à peine avouable, qui prit en otage et criminalisa douze ans d'un peuple allemand qui se voulait émancipé, rassemblant et unifiant l'âme d'un peuple derrière le crime et l'abjection, l'impossible moustache d'Hitler ? / ... / Hitler, qui représente si bien l'objet dont Freud nous montre la fonction, dans cette espèce d'homogénéisation de la foule par identification à un objet à l'horizon, à un objet x, à un objet qui n'est pas comme les autres... La manifestation tout à fait énigmatique du signifiant de la puissance comme tel, c'est là ce dont il s'agit / ... / Dans le séminaire qu'il a tenu sur Le désir et son interprétation, quelques années avant son séminaire sur L'identification, Lacan avait déjà posé une remarque sur cette fascination des foules allemandes face à Hitler /... / La moustache d'Hitler, plus-de-jouir de son discours, et signifiant phallique de sa puissance, voilà qui ne laissera pas de nous rendre perplexe >>. Autrement dit, pas de moustache, pas d'hystlerisation des foules ni de viSSes vers ça.

Mais c'est-y pas bien dit, bien que du coup Gustave Le Bon soit un peu passé sous silence. Ce qui n'empêche pas Thierry Florentin de trouver amusant, mais inquiétant, que Lacan ait été le seul à avoir su prophétiser, dès le 20 janvier 1971, que les barbes du da SS nous pendaient au nez (müss tache oblige)

CQFD l'utilité publique d'ALI.

Dans sa biographie, parue en 1973, l'historien Joachim Fest prénomme Hitler Adolfus.

Pourquoi est-il le seul à l'avoir fait - du moins à notre connaissance, et pourquoi les autres historiens n'ont-ils pas recouru à cette dénomination ? Est-elle controuvée, ou trop insignifiante ?

L'historienne Brigitte Hamann a publiée un très savant livre sur la jeunesse d'Hitler. Très documenté, son travail est paru en 1996 en Allemagne, où il a été un "best seller". Le livre a été traduit et publié en France en 2001 aux éditions des Syrtes, et réédité depuis en 2011.

La précision de Joachim Fest n'y est pas répétée !

C'est un livre que George Steiner, l'auteur du "Procès d'AH", a trouvé "impressionnant et fascinan ...Que l'on accepte ou non son postulat de base" (quatrième de couverture)

George Steiner a manifestement du mal à admettre que le jeune Adolf Hitler puisse avoir été philosémite alors qu'il avait toutes les raisons de l'être, au point de faire le coup de poing pour soutenir son point de vue sur la question des immigrant juifs face à ses contradicteurs. Un fait qui explique peut-être pourquoi Wittgenstein ait pu si mystérieusement déclarer, en 1921, que "ce dont on ne peut parler, il faut le taire" (dans le Tractatus logico-philosophique, c'est-à-dire après que son ex ami Adolfus Hitler se soit si incompréhensiblement et si soudainement montré antisémite..

La question se pose aussi de savoir pourquoi Joachim Fest a été le seul à l'avoir faite; et au cas où elle serait controuvée, pourquoi les historiens ne se sont-ils pas attachés à redresser cette erreur, si erreur il y a ?

Pourquoi Joachim Fest est-il le seul à l'avoir pointé ?

Michel Onfray a plus récemment (le 3 mai 2010) montré dans "Libération" que Freud avait par ses lettres,un penchant prononcé pour le fascisme.

Lorsque j'avais dit au professeur Henri Baruk ce que je ressentais au sujet de Freud, il m'avait confié que Freud et Lacan étaient responsables de l’état désastreux où se trouvait la psychiatrie en France. A ma stupéfaction, il avait mis Freud et Hitler sur le même plan.

L'euthanasie des déficients mentaux était en effet une "solution " à laquelle Freud souscrivait, qui déclarait en privé que le mieux serait "d'en faire des cargaisons pour les couler".

/ -

Tobie Nathan n'est pas comme Charles Melman psychanalyste et psychiatre, mais "ethnopsychiatre",  alacanien et afreudien.

De même que  Professeur Henri BarukT. Nathan n'apprécie guère et même pas du tout les conceptions "psychanalytiques" de Freud. Je n'ai pas encore lu la fiction qu'il a écrit à son sujet (Mon patient Sigmund Freud) parue en 2006, mais je doute que Tobie Nathan ait mit Freud sur le même plan qu'Hitler, ce qu'avait fait devant moi le professeur Baruk. Iobie Nathan sait pertinemment ce qu'il en coûte de s'attaquer trop ouvertement au maître-à-penser-de travers d'une  psychiatrie fixée au stade analytique   (au stade sadique-anal freudien)

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Les lettres de Freud à Wilhelm Fliess ont été partiellement publiées en France en 1953 après que Marie Bonaparte a pu les sauver de la destruction à laquelle Freud voulait les vouer.

Désobéissant à l'insistante demande de Freud, elle ne les avait pas brûlées après qu'elle a réussi à les récupérer chez un bouquiniste.

Elles purent ainsi être publiées en France en 1953, mais méticuleusement caviardées par Anna Freud, au prétexte qu'il fallait sauvegarder la "pierre angulaire" de la psychanalyse, à savoir le concept controuvé de "complexe d'oedipe", en realité parce que son père s'y avouait hystérique, et devoir son hystérie à son père Jakob Freud, qui aurait, par ses pratiques incestueuses, aussi hystérisé ses frères et ses soeurs.

Selon le naïf mais très sérieux Didier Anzieu, Freud se serait débarrassé de sa névrose hystérique par une "auto-analyse"...

Faire prendre conscience aux névrosés, grâce "l'analyse du transfert", que leur problématique était la conséquence d'un "complexe d'Oedipe mal liquidé" et d'un "Surmoi" tyranique était selon Freud thérapeutique alors même qu'il confiait en privé à Sandor Ferenczi, son "Grand Vizir secret", qu'il était clair que les malades ne pouvaient guérir, que les patients n'étaient que racailles, et que le mieux serait d'en faire des cargaisons pour les couler.

A en croire Auguste Strindberg, qui s'était un temps réfugié en Suède chez le Dr. Eliasson, un psychiatre de ses amis, celui-ci tenait à peu près le même genre de discours à l’encontre des aliénés "qui faisaient dégénérer l’humanité".

Hitler avait mis les propositions de Freud en action à l'encontre des "fous", en mettant l'idée à exécution.

A cette époque, les notions de races et de dégénérescence battaient leur plein. Le "disque-ourcourant" (pour parler lacanien) faisait des Juifs, par opposition à la "race nordique", présumée "pure", un mélange de races venues d'Afrique, donc une "race" mélangée particulièrement exposées à la dégénérescence ! (un dicours en contradiction avec les obserations anthropologiques)

Malgré leur absurdité et leur illogisme, ces idées sont restées vivaces. Elles ont imprégné les esprits jusqu'après la guerre de 39 - 45, si ce n'est juqu'au jour d'aujourd'hui, car j'ai été témoin de leur persistance dans un Service psychiatrique qui se prétendait "institutionnel" et "de gauche".

Elles occupent actuellement un autre crénau, à droite, celui de "l'entre-soi économique" des classes possédantes. Dans leur idéologie, celles-ci néantisent la découverte que la diversité génétique est bien plus favorable à la solidité des espèces que la "pureté raciale", paradigme de la "pureté économique", elle-même paradigme du pseudo-libéralisme, qui contraint les potentialités inventives des dominés à la stérilité. La culture de l'entre-soi économique est une forme d'incestualité préjudiciable à la santé économique des sociétés parce qu'elle stérilise l'inventivité potentielle des dominés, ainsi que le soutient Joseph Stiglitz dans "Le prix de l'inégalité" (aux éditions Les liens qui libèrent).

Avant et/ou après la guerre de 14 -18 Adolf(us) Hitler le ''névrosé'' aurait été consulter le ''névrosé'' Freud pour tenter de résoudre les problèmes moraux (le conflit intra-psychique) que lui posaient ses hautes origines juives.

D'après un rappport de Ron RosenbaumAdolf Hitler savait en effet qu’à travers sa grand-mère paternelle, Maria Schiklegrüber, une Autrichienne originaire de Spital, celles-ci étaient inavouables parce qu’ancillaires.

En s'adressant à Freud, Hitler était mal tombé : Freud aurait dans son "contre-transfert" projeté son propre complexe filial à Hitler, ainsi que le postule le psychiatre-psychanalyste français Roger Zadoun (2002 aux éditions de l'Harmattan), qui croit pouvoir "expliquer" Hitler par le complexe d'Œdipe, délire oblige, un "contre-transfert" inconsciemment impulsé par la propre équation historico-psycho-pathologique de son concepteur (de Freud évidemment, car de Roger Zagdoun, je ne sais rien, sinon qu'il prend les élucubrations projectives de Freud pour des vérités scientifiques aussi fondées que les lois de la gravitation. N'étant pas le seul à le faire, Roger Zagdoun n'est pas considéré comme psychiatriquement délirant, puisque selon son Confrère Sven Follin, un délire partagé perd son statut (sociologique) de délire.

(S. Follin avait avec Serge Leibovici et quelques autres psychiatres signé en décembre 1947 une pétition dénonçant la psychanalyse pour d'essence totalitaire, fasciste, voire "nazie". Le Dr. Sven Follin avait acquis à l'hôpital Saint-Anne la réputation d'être un fin clinicien pour savoir ne pas confondre, comme l'avait fait Karl Jaspers dans son étude sur Strindberg et Van Goghen - parue en 1953 aux éditions de Minuit, avec une préface de Maurice Blanchot, rééditée en 1970 avec une nouvelle préface du même qui désavoue la précédente - différencier la psychose schizophrénique de la psychose hystérique et de l'épilepsie).

Pour en revenir à Freud son équation personnelle était bien plus inavouable (forclose) que celle d’Hitler, et elle l'est restée. Il déplait d'ailleurs très fortement à Claude Lanzman qu'on puisse en dire quelque chose, et sûrement pas qu'à Claude Lanzman, à en juger par la bibliographie qui a accompagné cette année la diffusion sur France 3 télévision (et en librairie) de "Apocalypse Hitler".

Les prétentions de son patient était apparues à Freud bien trop élevées par rapport à ce que son misérable statut social laissait présager. Freud lui fit comprendre que les origines qu'il s’était inventées relevaient du roman familial des névrosés, ceux-ci se rêvant de hautes origines comme lui-même se l'était dans le passé figuré avant de revenir à la réalité. Une "réalité" qui avait en fait, selon Lacan, échappée au conscient de Freud. Il n'est cependant pas si sûr qu'elle lui ait complètement échappée, puisqu'il l'avait rêvée, mais qui pourrait tout aussi bien lui avoir été révélée par son père officiel, Jakob Freud, avant sa mort, survenue en 1896 : pour soulagé leur conscience, les mourants révèlent très souvent aux derniers moments les inavouables secrets qui les ont taraudés la vie durant : c'est sans doute pourquoi Freud rêva d'avoir à "fermer les yeux" et devoir renier ses premières intuitions, des découvertes dont il disait qu'elles étaient aussi importantes "que la découverte des sources du Nil", à savoir que les névroses - sinon les psychoses - résultent de psycho-traumatismes infantiles, ce que l'on est en train de redécouvrir.

Freud conçut en remplacement de la première, qui avait été très mal reçue, une théorie négationniste, dite œdipienne, sans vouloir (ni pouvoir ? ) en révéler les secrets fondements, des secrets de fabrication inavouables que Marie Balmary fut bien près d'avoir révélés sans le vouloir ni le savoir dans sa très brillante thèse psychanalytique, qui fut publiée et intitulée "L'homme aux statues", et sous titrée "La faute cachée du père". Une thèse que Balmary aurait peut-être dû sous-titrer "La faute cachée du grand-père" . C'est sans doute pour l'avoir évoquée implicitement que celle-ci fut refusée (refoulée et institutionnellement déclarée forclose). Mais sa thèse suscita immédiatement l'intérêt de Jacques Lacan, qui craignait que Balmary ne l'ait comme lui percé à jour, ce qui aurait cassé son savoir (son supposé savoir) raison pour laquelle il l'a convoqua, vérifier ce qu'il en était réellement. Marie Balmary s'en était trouvée à la fois flattée et toute étonnée (dans sa préface au livre d'Eva Thomas "Le sang des maux", si mes souvenirs sont bons").

Pour en revenir à la thèse de Roger Zagdoun, celui-ci n'a pas compris qu'après la guerre, Hitler avait compté sur ses mérites militaires pour être reconnu digne d'intégrer sa prestigieuse et richissime famille d'origine, et non pas d’en être rejeté de façon humiliante. D'où sa résolution, prise en 1919 après moult ruminations, de montrer à Freud comme à sa famille originelle présumée de quel bois il était fait. Ce n'est pas par hasard qu'il choisit, comme FreudBerchtesgaden comme villégiature, rivalité mimétique oblige. Il allait se venger (Vergeltung) de l'affront qui lui avait été fait en renvoyant les Juifs à leur propres inventions (le Ziklon B et le complexe d‘Œdipe). Une "signifiée" vengeance (concept lacanien) paranoïaque qu’il voulut à la mesure de sa grandeur humiliée - de sa grandiosité fantasmatique, pour employer un néologisme forgé par la psychanalyste Alice Miller, qui interpréta Hitler d'une autre manière que celle-ci, qui ne lui est pas incompatible - une vengeance à la mesure des risques encourus durant la guerre pour se faire reconnaître digne d’intégrer la famille. Son admiration ambivalente s’était ainsi muée en un "délire de haine", pour reprendre le concept clinique que le Pr. Henri Baruk a forgé à son sujet, une haine paranoïaque, c'est-à-dire narcissique (ou pharaonique, si on préfère), comme il arrive dans les amours fusionnelles et les généalogies incestueuses.

Le Pr. H. Baruk passait auprès de ses Confrères pour paranoïaque à cause de la haine que lui-même éprouvait envers Freud et Jacques Lacan. Il avait dû porter l’étoile juive pendant l’occupation et rendait, non sans raison, Freud responsable non seulement de la haine persécutive qu’avait porté Hitler à l’encontre des Juifs, mais aussi de l’état déplorable où se trouvait, nous l'avons dit, la psychiatrie française.

Du Pr. Baruk, ses confrères psychiatres se moquaient non seulement à cause de la haine "paranoïaque" qu'il vouait à Freud, mais aussi à cause de sa prétention à faire valoir que les états psychotiques (les bouffées délirantes et les états schizophréniques, qu'il disait être des syndromes plus que des maladies) pouvaient en fait provenir d’une toxicité particulière des sels biliaires (ce serait donc bien des maladies ! ). Il en aurait fait la démonstration, mais ses confrères l’accusèrent être de mauvaise foi, d’avoir triché en falsifiant les résultats de ses recherches cliniques pour en démontrer la validité.

Or il se trouve qu’il est actuellement fait état d’un Système Nerveux Entérique, un deuxième cerveau en constante interaction avec Système Nerveux Central, sans que l’on puisse savoir qui est aux commandes ! (selon Stanislav Disko Ehrlich, directeur de Recherche à l'Inra, à Jouy en Josas)

Freud n’avait en fait pas tellement eu tort de se trouver une autre famille que la sienne dans ses rêveries juvéniles : il ne serait en effet pas né du pauvre Jakob Freud, fils du rabbin Schlomo Freud, mais d'une relation inavouable. Freud pourrait ainsi avoir été le fils de Jacob Nathansohn, son grand-père maternel. Une autre hypothèse a été avancée est qu'il était le fils de son frère Philippe, mais elle entre beaucoup moins en résonance avec la théorie oedipienne. L'origine grand-parternelle en rend bien mieux compte. Elle justifie même sa théorie mythologique du "complexe d' Œdipe ", un complexe que Lacan disait "des dupes" pour marquer qu'il n’était qu’un miroir aux alouettes. La théorie oedipienne rend non pas compte d'une réalité générale, mais d'une réalité restreinte ne triAngulation familiale, qui fit que sa mère s'est retrouvée enceinte de son père et n'a pas pu (ou voulu) faire autrement que garder l'enfant qu'elle portait. La théorie que les fils désirent s'accoupler (copuler, cf. selon la définition freudienne de son complexe) avec leur mère n'est que le corollaire de l'a-Chose ancestrale. Freud serait donc né (selon Lacan) d'un inceste père-fille, un inceste de type I, selon la classification de Françoise Héritier. Une origine ‘‘en racine ² de moins un’’, tout à fait inavouable, que Jacques Lacan, qui prétendait savoir lire entre les lignes, avait percé à jour, sur le modèle de sa propre famille, le grand-père paternel de Jacques Lacan étant l'amant de sa mère, la belle-fille de son grand-père réalisant un inceste non consanguin, de type II (d'après Elisabeth Roudinesco, dans "Généalogies" 1994).

D'où la théorie de la psychose puisée par Lacan dans sa propre tringulation familiale, comme Freud en la sienne, celle de la névrose, en délire projectif .

Dans son énoncé, le complexe d' Œdipe est l'expression cryptée, peu importe qu'elle ait été consciente ou non, d’une réalité trop évidente (selon Lacan) pour n'être pas immédiatement forclose. Cf. son Séminaire sur "La lettre volée".

Lacan a vu dans la "forclusion du nom du père" l’origine des psychoses paranoïaques, projectives par définition. Comment, à propos de lui-même et de Freud, ne pas lui donner raison ?

D’où l’importance que Marie Balmary donne à l’Évangile de Matthieu, qui fait remonter la généalogie du Christ à au roi David. Ce qui exclurait que le Christ puisse avoir été psychotique, contrairement à l'idée que s'en fait le docteur Francis Hofstein.

Dans leur rêves et leurs dessins, les enfants ont la pré-science du "forclos" générationnel, tout comme les psychotiques l'ont dans leurs délires mystiques lorsqu’ils ont été mystifiés par rapport à leur filiation. Ils en deviennent "discordants" (Chaslin), ou "schizophrènes" (Bleuler). Tel le Christ (selon le Francis Hofstein). L’évangéliste Matthieu avait ainsi éprouvé le besoin de faire remonter la filiation du Christ à David, une généalogie fabriquée après -coup pour l’asseoir dans la réalité. (L’après-coup est un concept psychanalytique lui-même forgé dans l’après-coup, la psychanalyse étant une «science» à l’image de la bande de Moebius, qui ramène au même point après vous avoir mis la tête à l’envers, quand on a la chance de ne pas l’avoir perdue au cours du "disque-ourcourant". Est disque "ourcourant" le discours qui ignore sa propre cause - sic Marie-Chalotte Cadeau, psychanalyste lacanienne).

Pour l'interprétation des rêves de Freud, lire Gabrielle Rubin, "Le roman familial de Freud" paru chez Payot en 2002, et Jacques Bénesteau "Mensonges freudiens", paru à la même époque, chez Mardaga, livre consacré "Le livre du mois" par «La Recherche ».

 

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